Pourquoi vous devez à tout prix visiter la Bavière en hiver

Après avoir vu la Bavière aux beaux jours, j’ai décidé d’y retourner en hiver. Cap sur Garmisch-Partenkirchen, capitale du saut à ski et de la pomme de terre (c’est compatible).

Garmisch-Partenkirchen

Il y a trois choses essentielles à savoir sur Garmisch-Partenkirchen, petite ville allemande située dans les Alpes Bavaroises. Premièrement, si vous n’avez qu’un weekend devant vous, c’est la ville à privilégier car elle ne se trouve qu’à 90 kilomètres de Munich, soit moins d’1h30 de voiture. Deuxièmement, vous avez absolument tout pour être heureux à proximité : les plus beaux lacs (Eibsee, Plansee, Kochelsee…), les plus hauts sommets (Zugspitze, Alpspitz…), la jolie abbaye d’Ettal ainsi que les meilleurs restaurants de salades de pommes de terre. Enfin, Garmisch-Partenkirchen, ce sont en réalité deux communes qui ont été mariées de force par le régime nazi, à l’occasion des jeux olympiques d’hiver en 1936. Cette belle initiative donne envie de rapprocher Lyon et Saint-Étienne ou Paris et Marseille pour des belles et chaleureuses métropoles sportives.

 

Le lac Eibsee

Le lac alpin d’Eibsee est situé à seulement 20 min de Garmisch. C’est l’un des lieux les plus instagramé d’Allemagne et particulièrement pris d’assaut par les touristes l’été. Alors si comme moi vous voulez éviter vos congénères, n’hésitez plus à y aller en hiver. Il est bleu cristallin, vert émeraude, noir profond et, en cette saison, saupoudré de neige et de sucre glace. Même en hiver, vous pouvez en faire le tour à pied moyennant environ 2h de marche (7 km de circonférence). Equipez-vous de bonnes chaussures de neige et soyez prêts à pêcher sous la glace et vous battre avec un ours à tout moment.

 

Au milieu du lac, plusieurs petites îles sont prises par la glace. L’hiver est donc la période idéale pour les assiéger.

 

Ne vous laissez pas berner par sa jolie couleur turquoise, c’est du sirop de menthe dedans.

 

L’eau est tellement clair que tout s’y reflète, même vos cernes et votre nez rougi par le froid.

 

 

Mi femme-mi castor.

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Le Zugspitze

J’avais très envie de me rendre sommet du Zugspitze qui est la montagne la plus haute d’Allemagne (2 962 mètres). Vous pouvez y accéder aussi bien en été qu’en hiver via un petit chemin de fer à crémaillère ou par le téléphérique situé au bord du lac Eibsee. Mais dans les faits, le sommet n’est visible que 30 secondes par hiver, ou presque. Le ciel s’assoit dessus pendant des mois et ne vous laisse aucune chance de profiter de la vue.

Pour ne pas rester sur cette déception, j’ai tenté le tout pour le tout, chez sa voisine l’Alpspitze .

 

L’Alpspitze

L’Alpspitze est l’emblème de Garmisch-Partenkirchen (2 628 mètres). Le téléphérique Alpspitzbahn vous y mène en quelques minutes, jusqu’à 2050 m d’altitude. Au sommet, une plateforme en verre vous y attend, suspendue au-dessus du vide.

Avant de tenter le diable et de payer 34€ l’aller-retour, je vous recommande de bien regarder en amont les webcams situées au sommet.

 

Pour ma part, entre deux éclaircies, j’ai décidé de tenter ma chance jusqu’au sommet. Je me fraie un chemin au milieu des dizaines de skieurs qui, comme une armée, attendent l’arrivée de la cabine en verre. Je suis la seule touriste à faire l’ascension sans dévaler les pistes ensuite. Je suis aussi la seule sans combinaison de ski et lunettes de protection. Je vais vite comprendre mon erreur.

Arrivée au sommet, je peux l’affirmer : je n’ai j’aimais eu aussi froid de toute vie. Le vent qui souffle à plus 60 km, couplé à une température proche des – 20°C, me gèle et me brûle à la fois. Ma peau crépite. Mes yeux se ferment sous l’effet des bourrasques. Sans attendre, je décide de dépouiller un skieur et de me glisser dans sa carcasse pour me réchauffer.

 

La vue est donc, comme prévue, quasiment inexistante dans de telles conditions. Je rampe jusqu’au refuge situé en-dessous de la plateforme et me met en boule sur une banquette. C’est décidé, je ne sortirai plus jamais de ce restaurant et dorénavant, je servirai des frites surgelées et des saucisses de porc jusqu’à la fin de mes jours.

 

Les gorges de Partnachklamm

Si vous aimez encore les conditions extrêmes, je ne peux que vous recommander de faire les gorges de Partnachklamm en hiver. Sur plusieurs kilomètres, au dessus de la rivière en furie, un petit sentier vous mène au centre de de la Terre, au milieu du fracas de l’eau, des roches et de la glace.

Pour cela, il vous suffit de vous garer sur le parking du tremplin de saut à ski ( ticket journalier : 2,50 € / voiture) de Garmisch et d’emprunter le chemin d’environ 2 km qui vous mène à l’entrée des gorges. Au fur et à mesure de la route, un grondement va vous guider.

 

 

Vous arrivez devant le gardien de la porte de l’enfer. Contre 5€, il vous laisse entrer dans la machine à laver. Car c’est ce qui vous attend : des remous, des cascades, des éboulements de glace, des tunnels sans lumière, des ponts suspendus…

 

 

Le sol glisse, le cours d’eau vous asperge, mais vous continuez vaillamment dans ce boyau humide. Si vous avez un peu de chance, vous ferez vous aussi, cette jolie rencontre avec une petite souris (n’oubliez pas que ce sont les puces des rongeurs qui ont propagé la peste en Europe, dont celles de Ratatouille).

 

 

Et puis soudain, après plus d’un kilomètre de chemin savonneux, vous débouchez dans une immense clairière, aussi belle que calme. C’est le moment de vous ébrouez pour vous sécher les poils et de courir partout en reniflant les odeurs.

 

Le tremplin du saut à ski

Il est la grande fierté de Garmisch, avec sa rampe de 120 m de long. Il est pour moi, la représentation physique de l’enfer sur terre. Depuis son sommet, les skieurs suicidaires glissent entre deux rails étroits, puis se propulsent dans le vide pour atteindre environ 100 km/heure. Le record du monde est de 253 mètres.

Je ne sais pas skier et j’ai le vertige, autant vous dire que je rejoins bientôt l’équipe de France de saut à ski. Je serai assez fière de détenir le record de monde du poids mort qui a sauté le plus loin.

Le lac de Kochel

Moins impressionnant par sa couleur que le lac de Plansee ou de Eibsee, le lac de Kochel mérite pourtant de faire un stop. Ne serait-ce que pour faire une photo sur un ponton en bois en faisant la gueule.

 

L’échec du lac Plansee

Initialement, le lac Plansee est la Mecque des touristes asiatiques et des instagramers. L’eau est d’une clarté absolue. Mais ce jour-là, les cieux sont contre moi et la neige qui tombe en grappe, m’empêche de voir à plus de 10 mètres. Si ça se trouve, j’ai photographié une station d’épuration et je l’ignore.

 

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Où se loger à Garmisch ?

J’ai passé deux nuits à l’hôtel Obermühle 4*S Boutique Resort, où la survie est plutôt aisée. D’autant plus que j’ai eu la bonne surprise d’avoir été surclassée dans la plus belle suite. Je n’avais pas eu autant de chance depuis la fois où j’ai eu 7 nuggets dans une boîte de 5.

L’hôtel a tout du parfait de chalet de montagne élégant avec une vue de premier choix face aux Alpes.

 

 

Le gros point fort de cet hôtel, c’est évidemment son spa : piscine intérieure, sauna et hammam. Vous pouvez vous détendre en paix, pour peu que vous arriviez à éviter les touristes russes tout nus et suant.

Tarifs : à partir de 156€ la chambre double